Quand on doit envoyer une candidature rapidement, le plus difficile n’est pas toujours de trouver les bons mots. C’est souvent de rassembler ses expériences, de les présenter proprement et d’obtenir un document qui ne donne pas l’impression d’avoir été assemblé à la dernière minute. C’est dans cette situation que j’ai testé Créer un CV - Curriculum Vitae, une application professionnelle de Tools for Daily Use conçue pour préparer un CV depuis un téléphone.
Son idée est simple : partir de quelques informations personnelles et professionnelles pour arriver à un document présentable sans devoir maîtriser un logiciel de mise en page. L’application est gratuite au téléchargement, classée PEGI 3 et accessible sur Android à partir de la version 8.0. Elle a déjà dépassé les dix millions d’installations, ce qui montre qu’elle répond à un besoin très courant, même si sa moyenne de 3,6 sur environ vingt et un mille évaluations invite à garder un regard nuancé.
Du profil incomplet au CV prêt à envoyer
Le bon point de départ : savoir ce que l’on veut transmettre
Avant même d’ouvrir l’application, je conseille de préparer les éléments essentiels : coordonnées, intitulé recherché, expériences, formations, compétences et, si nécessaire, une courte présentation. Cette préparation change beaucoup l’expérience. Un créateur de CV peut organiser une information existante, mais il ne peut pas inventer une expérience convaincante à votre place.
Pour une personne qui possède déjà un ancien CV, le chemin est assez clair : reprendre les informations utiles, supprimer les détails dépassés et reconstruire une version plus lisible. Pour un étudiant, un candidat en reconversion ou quelqu’un qui reprend sa recherche d’emploi après une pause, le travail est différent. Il faut d’abord décider ce qui mérite d’être mis en avant. L’application devient alors un cadre de réflexion autant qu’un outil de mise en page.
J’ai trouvé utile de préparer plusieurs formulations avant de remplir les champs. Une expérience peut être décrite par une simple fonction, mais elle devient plus intéressante si elle indique aussi le contexte et la responsabilité réelle. Au lieu d’écrire seulement « vendeur », on peut préciser le type de clientèle, la gestion de caisse ou le suivi des stocks, à condition que cela corresponde vraiment au parcours. Cette étape évite de produire un CV propre visuellement mais trop vague sur le fond.
La construction pas à pas
Le fonctionnement repose sur une progression guidée. On commence par les informations d’identité et de contact, puis on avance vers les rubriques qui racontent le parcours. Cette organisation est particulièrement pratique sur un petit écran : elle évite de devoir gérer immédiatement une grande page blanche remplie de cadres et de menus.
Je recommande de remplir les sections dans l’ordre proposé, même si l’on est tenté de commencer par les couleurs ou la présentation. Le contenu doit passer avant l’apparence. Une fois les expériences et les formations saisies, il devient plus facile de voir quelles rubriques sont réellement nécessaires et lesquelles risquent d’alourdir le document.
Un conseil assez important consiste à rédiger les expériences avec une longueur comparable. Si la première occupe plusieurs lignes et les suivantes se résument à deux mots, le résultat peut sembler déséquilibré. Il vaut mieux raccourcir les descriptions trop longues que d’ajouter du texte sans valeur aux autres. Cette discipline améliore le résultat final davantage qu’un changement de style.
La partie consacrée aux compétences mérite aussi de la prudence. Une liste interminable ne renforce pas forcément une candidature. J’ai intérêt à sélectionner les compétences directement liées au poste visé, puis à les formuler avec des mots compréhensibles. Pour un emploi administratif, par exemple, une compétence concrète et contextualisée sera souvent plus utile qu’une série d’adjectifs généraux comme « motivé » ou « sérieux ».
Adapter le document au poste visé
Le principal avantage d’un outil mobile comme celui-ci est de pouvoir créer rapidement une nouvelle version lorsque la candidature change. Je ne conseille pas d’envoyer exactement le même CV partout. Une candidature pour un poste en restauration ne doit pas présenter les informations dans le même ordre qu’une candidature pour un emploi technique ou administratif.
Le plus efficace est de conserver une base complète, puis de retirer ce qui ne sert pas pour chaque offre. On peut également modifier l’accroche et placer en premier l’expérience la plus proche du poste. Cette méthode réduit le risque d’oublier une information tout en évitant de reconstruire le document entièrement à chaque fois.
Il faut toutefois rester attentif aux modifications successives. Une version adaptée à une offre peut contenir une formulation qui n’a plus de sens pour une autre. Après chaque changement, je conseille de relire le document comme si l’on était le recruteur : le poste recherché est-il évident dès le début ? Les dates sont-elles cohérentes ? Les informations importantes sont-elles faciles à repérer ?
Le passage de l’application au destinataire
La création du CV n’est qu’une partie du parcours. Le document doit ensuite être relu, enregistré et transmis à la bonne personne, souvent par courrier électronique ou via une plateforme de recrutement. Cette transition est un point où beaucoup d’erreurs apparaissent : mauvais fichier, ancienne version, nom de document peu clair ou CV envoyé sans message d’accompagnement.
Je conseille de donner au fichier un nom immédiatement compréhensible, avec le nom du candidat et le type de document. Cela paraît secondaire, mais un recruteur qui reçoit plusieurs pièces jointes gagne du temps lorsqu’il peut identifier le fichier sans l’ouvrir. Il faut aussi vérifier le rendu final après l’enregistrement. Une mise en page correcte dans l’éditeur peut être moins convaincante une fois le document partagé ou imprimé.
Le meilleur résultat dépend donc de la chaîne complète : informations préparées, saisie attentive, adaptation à l’offre, relecture et transmission. L’application simplifie surtout la partie centrale. Elle ne remplace ni le contrôle humain ni le choix du bon canal d’envoi.
Ce que le résultat apporte réellement
À l’arrivée, on obtient un CV plus structuré qu’un document écrit à la hâte dans une application de notes. Pour une première candidature ou une recherche urgente, cette différence est importante. Les rubriques sont regroupées dans un ordre logique et l’utilisateur peut se concentrer sur son parcours plutôt que sur les détails techniques d’un logiciel de bureautique.
Dans un scénario quotidien, imaginons une personne qui repère une offre le matin et doit répondre avant la fin de la journée. Elle peut reprendre ses informations depuis son téléphone, compléter les expériences pertinentes, ajuster la présentation et effectuer une dernière relecture avant l’envoi. Ce flux est bien plus réaliste que de remettre la candidature à plus tard parce que l’ordinateur n’est pas disponible.
L’application convient aussi aux personnes qui n’ont jamais conçu de CV. Une page blanche peut être intimidante, surtout lorsqu’on ne sait pas quelles rubriques inclure. Le fait d’avancer étape par étape réduit cette hésitation. Je la vois donc comme une solution d’entrée en matière, particulièrement utile pour obtenir une première version exploitable.
Elle peut également servir lors d’un changement de situation : déménagement, reprise d’activité, candidature spontanée ou recherche d’un emploi saisonnier. Dans ces cas, le besoin n’est pas nécessairement de produire un document très sophistiqué, mais d’avoir rapidement une présentation claire et suffisamment sérieuse pour ouvrir la discussion.
Les détails qui font la différence
Un premier point souvent négligé est la cohérence des dates. Quand on saisit plusieurs expériences depuis un téléphone, il est facile d’inverser un mois, de laisser une période vide ou de présenter deux activités comme simultanées alors qu’elles ne l’étaient pas. Je recommande de vérifier le parcours sur une ligne du temps séparée avant de finaliser le CV.
Un deuxième point concerne les coordonnées. Une adresse électronique professionnelle et un numéro joignable sont plus importants qu’un long paragraphe de présentation. Il faut les tester visuellement et s’assurer qu’ils ne sont pas coupés ou noyés dans la mise en page. Un CV réussi qui rend le candidat difficile à contacter perd une grande partie de son intérêt.
Le troisième conseil concerne la longueur. L’application peut aider à organiser beaucoup d’informations, mais elle ne décide pas automatiquement de ce qui est pertinent pour un lecteur pressé. Pour un débutant, une page bien ciblée sera souvent plus efficace qu’un historique complet rempli de détails secondaires. Pour un profil expérimenté, il peut être nécessaire de sélectionner les réalisations les plus proches du poste plutôt que de tout faire tenir indistinctement.
Enfin, je recommande de conserver une copie du contenu sous une forme modifiable. Le CV final est destiné à être envoyé, mais les informations évoluent : nouvelle expérience, changement d’adresse ou ajout d’une certification. Ne dépendre que d’un fichier final peut rendre les mises à jour plus pénibles. L’application est utile pour produire le document, mais une organisation personnelle des informations reste une bonne précaution.
Quand l’expérience devient moins fluide
La note moyenne de l’application reflète probablement une réalité assez simple : elle peut être très pratique pour certains profils et moins convaincante pour d’autres. Les utilisateurs qui veulent seulement mettre en ordre quelques informations y trouveront une approche accessible. En revanche, une personne habituée aux modèles avancés, à la retouche précise ou à la personnalisation poussée risque de trouver le cadre trop limité.
La saisie sur mobile est également une source de friction. Écrire plusieurs descriptions professionnelles sur un écran tactile demande de la patience, surtout si l’on souhaite relire chaque phrase avec attention. Pour un long parcours, le clavier d’un ordinateur reste plus confortable. L’application répond donc mieux à une création rapide ou à une mise à jour ciblée qu’à la rédaction complète d’un parcours de plusieurs pages.
Il faut aussi garder une distance critique avec les modèles et la présentation proposée. Un CV agréable à regarder n’est pas automatiquement adapté à tous les secteurs. Dans certains domaines très formels, une apparence sobre et prévisible sera préférable à un style trop décoratif. À l’inverse, pour un métier créatif, un outil spécialisé dans le portfolio ou la mise en page avancée pourra mieux montrer le travail réel du candidat.
La présence d’achats intégrés est un autre élément à examiner avant de s’engager dans le flux. L’application est gratuite, mais des achats peuvent aller de 2,69 € à 55,00 € lorsqu’ils sont facturés via Google Play. Je conseille donc de vérifier ce qui est accessible sans paiement avant de consacrer beaucoup de temps à la création d’une version définitive. Le coût éventuel peut être acceptable pour une candidature importante, mais il ne faut pas le découvrir au dernier moment.
Face aux alternatives habituelles
Par rapport à un traitement de texte classique, l’application demande moins de travail de mise en page et guide davantage l’utilisateur. C’est son avantage principal. Un document vierge offre plus de liberté, mais cette liberté devient parfois un obstacle pour quelqu’un qui ne sait pas comment structurer un CV.
Les modèles intégrés dans les suites bureautiques offrent généralement davantage de contrôle sur les marges, les colonnes et les détails typographiques. Ils sont donc plus adaptés à une personne qui veut ajuster chaque élément ou travailler principalement sur ordinateur. En contrepartie, ils peuvent prendre plus de temps et provoquer des problèmes de mise en page lorsque le contenu change.
Les services de création de CV en ligne peuvent être plus confortables pour gérer plusieurs versions et travailler avec un grand écran. Leur intérêt dépend toutefois de la manière dont l’utilisateur souhaite travailler. Pour une candidature préparée dans les transports, entre deux rendez-vous ou depuis un téléphone Android déjà disponible, cette application a une logique plus directe.
Je ne la choisirais pas pour remplacer un portfolio, un CV très graphique ou un dossier de candidature complet. Elle sert avant tout à produire un CV structuré. Si le poste exige de montrer des projets, des publications, des réalisations visuelles ou des liens professionnels, il faudra compléter le document avec d’autres supports.
Pour qui je la recommande
Je recommande cet outil aux étudiants, aux personnes en recherche d’emploi qui veulent repartir d’une base claire, aux candidats qui doivent répondre rapidement à une offre et à ceux qui ne se sentent pas à l’aise avec la mise en page. Il est également intéressant pour préparer une version de secours lorsqu’on n’a pas accès à son ordinateur.
Je le conseillerais moins à un professionnel qui possède déjà un modèle parfaitement maîtrisé, à une personne qui doit produire un dossier très personnalisé ou à un candidat dont la valeur repose principalement sur des réalisations visuelles. Dans ces situations, la simplicité de l’application risque de devenir une contrainte plutôt qu’un avantage.
Le développeur Tools for Daily Use maintient actuellement l’application en version 6.3.4, avec une compatibilité à partir d’Android 8.0. Pour un appareil ancien, il reste préférable de vérifier que l’installation et la saisie sont confortables avant de commencer un long document. Le nombre d’installations montre que l’outil est largement utilisé, mais la popularité ne garantit pas que son approche conviendra à chaque méthode de travail.
Mon verdict après le parcours complet
Ce que j’apprécie le plus dans Créer un CV - Curriculum Vitae, c’est sa capacité à transformer une tâche souvent repoussée en une suite d’étapes concrètes. On part d’informations parfois désordonnées, on les trie, on les adapte à une candidature, puis on obtient un document que l’on peut relire avant de le transmettre. Pour une utilisation ponctuelle et pragmatique, cette simplicité a une vraie valeur.
Ses limites apparaissent lorsque l’on attend une personnalisation très poussée, une rédaction assistée en profondeur ou un contrôle complet de chaque détail visuel. Il faut aussi surveiller les achats intégrés et ne pas confondre la facilité de création avec la qualité du contenu. Un CV bien présenté mais imprécis restera faible face à une candidature plus sobre et mieux ciblée.
Mon conseil est donc de l’utiliser comme un atelier rapide : préparez vos informations, construisez une base, adaptez-la à chaque offre et relisez le fichier hors de l’application avant l’envoi. Le vrai gain est la réduction de la friction, pas la suppression du travail de réflexion. Si vous cherchez un CV clair sans passer des heures à régler la mise en page, c’est une option gratuite à essayer. Si votre candidature repose sur une identité visuelle forte ou sur un dossier complet, mieux vaut la considérer comme un point de départ plutôt que comme votre solution finale.









